Point de presse du ministre des Finances sur le projet de loi des finances 2012 : des innovations en matière de prévisions budgétaires ()
Le gouvernement a adopté, la semaine dernière, le projet de loi des finances 2012. Avant de soumettre ce projet de budget à l'Assemblée nationale, le ministre des Finances, M. Ouhoumoudou Mahamadou, a animé un point de presse, lundi dernier dans l'après-midi à Niamey.
Il s'est agi pour le ministre des Finances d'expliquer à l'opinion nationale les grandes orientations qui ont guidé le gouvernement dans l'élaboration de cette loi des finances 2012, équilibrée en recettes et en dépenses à quelque 1.425 milliards de francs CFA. Avec ce budget, le gouvernement entend marquer une rupture avec ce qui se passe jusqu'alors dans notre pays en matière de prévision budgétaire. L'un des éléments qui caractérisent cette rupture est la part des recettes internes et celles des dépenses d'investissement, toutes deux en hausse significative.
"Cette loi des finances témoigne de la volonté du gouvernement de mettre en cohérence les allocations budgétaires avec les objectifs poursuivis en termes d'efficacité économique et d'équité sociale'', a indiqué le ministre des Finances. Le projet de budget 2012 est basé sur les huit (8) orientations essentielles contenues dans le programme du Chef de l'Etat, et reprises dans la Déclaration de Politique Générale du gouvernement (DPG).
Ces huit (8) points sont la mise en place d'institutions fortes, crédibles et durables, la sécurité des personnes et de leurs biens, la relance de l'économie et la promotion du développement social, la sécurité alimentaire, l'accès à l'eau potable pour tous, le développement des infrastructures et l'énergie, l'amélioration des indicateurs sociaux et la création d'emplois au profit des jeunes. Depuis l'adoption du projet de budget par le gouvernement, la mobilisation des ressources à même de soutenir la mise en œuvre des importants programmes évoqués est à l'ordre du jour des débats.
Mais le ministre des Finances rassure les citoyens : ‘'nous tablons sur un taux de croissance de 7% en 2012'', a-t-il précisé. D'après les explications du ministre Ouhoumoudou Mahamadou, des ressources additionnelles importantes sont attendues du fait du démarrage des activités de production au niveau des mines d'uranium de la SOMINA (Azelik) et du pétrole par la SORAZ, mais aussi de l'arrêt des subventions sur les hydrocarbures et la mobilisation des ressources internes par les services des impôts, de la douane et du trésor.
Sur les 1.425.310 milliards de francs CFA du budget, 872.767 milliards sont des ressources internes, soit environ 60%, alors que les ressources extérieures sont de 552.363 milliards, soit 40%. L'Etat a par ailleurs privilégié les dépenses d'investissement qui représentent 47,99% du budget. Pour les autres dépenses, on retient que la dette publique représente 4,52%, les dépenses du personnel 9,90%, le fonctionnement 8,31%, les subventions et transferts 29,28%. Avec ce budget, le gouvernement réalisera, selon le ministre des Finances, les promesses faites par le Chef de l'Etat lors de la campagne électorale. ‘'Lorsque, le Chef de l'Etat avait promis de mobiliser 6000 milliards de FCFA (soit une moyenne de 1200 milliards par an) sur les cinq (5) ans de son mandat, certains ont pensé que c'était irréaliste. Ils ont la preuve aujourd'hui, dans ce budget'', a dit M. Ouhoumoudou Mahamadou.
Des inscriptions budgétaires conséquentes ont été prévues dans le projet de loi des finances 2012, à même de permettre au gouvernement de réaliser les objectifs poursuivis à travers les huit orientations sus évoquées. ‘'Les institutions anciennes et nouvelles seront dotées en crédits conséquents'', a annoncé le ministre Ouhoumoudou Mahamadou. Evoquant la question de la sécurité, le ministre des Finances a indiqué que les Forces de Défense et de Sécurité verront leurs capacités renforcées.
‘'Nous avons prévu de renforcer même les moyens de défense aériens, ainsi qu'une dotation appropriée en équipements et matériels de combat. Et les patrouilles instituées dans la zone nord seront maintenues et renforcées'', a dit M. Ouhoumoudou Mahamadou. Abordant le point relatif à la relance de l'économie et du développement social, le ministre des Finances a annoncé qu'un accent particulier sera mis sur le développement du partenariat public-privé. Cela sera doublé des réformes fiscales et douanières, avec la mise en œuvre d'un nouveau code des impôts et l'application de règles et taux harmonisés en matière douanière. Des grands projets comme le port sec de Dosso, Niamey Gnala et l'aménagement des centres urbains seront poursuivis.
Dans le domaine de la sécurité alimentaire, le ministre Ouhoumoudou Mahamadou a expliqué que l'Initiative 3N entrera dans sa phase opérationnelle en 2012. ‘'Les ministères chargés de l'Agriculture et de l'Elevage seront dotés de crédits à la taille de l'ambition du gouvernement dans ce domaine'', a-t-il annoncé. En outre, pour assurer l'accès à l'eau potable à tous, le gouvernement a prévu, dans la loi des finances 2012, la construction de 3000 points d'eau et des mini AEP. Un chiffre nettement en hausse comparé à ceux des années précédentes (1000 points d'eau en 2010 et 2000 en 2011).
Dans le domaine des infrastructures, le ministre des Finances a indiqué qu'un important programme de réhabilitation des routes sera exécuté. De même, la construction de nouvelles routes sera lancée. Le ministre Ouhoumoudou Mahamadou a cité entre autres les routes Tahoua-Filingué, Arlit-Assamaka. Par ailleurs, des études sont en cours en vue du prolongement des réseaux ferroviaires à partir du Bénin, du Burkina Faso et du Nigeria. Dans le domaine de l'énergie, une centrale thermique de 100 mégawatts sera construite à Niamey en 2012.
Le développement social et l'amélioration des indicateurs sociaux passent par des investissements conséquents dans la santé, l'éducation et l'emploi. Le ministre des Finances a indiqué que le gouvernement a prévu la construction de quelque 3500 classes en 2012, plusieurs centres de formation technique, la poursuite de la gratuité des soins et la construction des centres de santé. Du point de vue de l'emploi, le gouvernement entend recruter 3900 enseignants dans la fonction publique, 5000 enseignants contractuels, 250 agents dans les domaines de l'énergie, des mines, de l'équipement, de la formation professionnelle, du développement social et des finances. Les travaux de récupération des terres et de régénération des écosystèmes créeront quelque 15.000 emplois, l'agriculture et l'élevage 20.000 autres.
‘'C'est dire que l'objectif de création de 50.000 emplois par an sera largement dépassé'' a dit le ministre Ouhoumoudou Mahamadou. Le ministre des Finances a par ailleurs indiqué que le gouvernement veillera systématiquement à la qualité de la dépense publique à travers le renforcement des structures de contrôle et la lutte contre la corruption, l'amélioration des procédures de dépenses publiques, la poursuite de l'apurement des arriérés de l'Etat, la résorption du différé sur le prix des produits pétroliers pendant une courte période à compter de janvier. Le ministre Ouhoumoudou Mahamadou a enfin promis de revenir beaucoup plus en détail sur les différents postes après l'adoption du projet de budget par l'Assemblée nationale.
Categorie:
Economie
Source: Le Sahel
Date: 05/10/2011